Relever le défi de l’anglais…en Norvège

Comme beaucoup d’autres personnes qui aiment et enseignent les langues, je ne suis pas à l’aise en anglais. Paradoxe? Fatalité?
Plusieurs expériences professionnelles récentes m’ont prouvé tout le contraire.
Je vais vous raconter la dernière.

Direction le nord, la Norvège

Au Ministère des affaires étrangères, dans le Département des langues, les professeurs d’anglais, de français, de russe, d’arabe, d’allemand, de chinois, de japonais, d’espagnol et de portugais accompagnent des diplomates dans leur apprentissage.
Alors bien sûr, quand leurs responsables m’ont demandé de former l’équipe aux cartes mentales, il fallait que ce soit en anglais.

Pourquoi j’ai dit oui

Trois facteurs m’ont décidée à accepter la proposition:

  • le contexte: je savais que je pouvais compter sur la bienveillance des organisatrices et des participants.
  • la souplesse: on m’a décrit une ambiance de travail polyglotte, avec de l’entraide et des accents différents autour de la table.
  • le sujet: je connais parfaitement le déroulé de ma formation, les mots-clés, les messages, les consignes. Je suis très bien préparée en français et en espagnol, alors pourquoi pas en anglais?

La prise de risque était donc mesurée. Et même si ça allait me demander un long travail de préparation, c’est en relevant des défis comme celui-ci que l’on apprend.

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Petit rappel des bienfaits du désordre

Vous maitrisez une, deux, trois langues étrangères aujourd’hui. Mais vous rappelez-vous de vos premiers tâtonnements? Avez-vous en mémoire ces moments inconfortables où les mots vous manquaient, où vos neurones se figeaient? Vous souvenez-vous de ces anecdotes délicieusement ridicules où vous vous mélangiez les pinceaux?

Bizarrement, quand on enseigne une langue, on oublie vite que ce sont ces moments-là qui nous ont permis d’avancer à grands pas, et beaucoup moins, les exercices des manuels.
Alors rien de tel que de se remettre dans cette situation inconfortable pour progresser.

La clé: avoir un objectif personnel concret

Quel est le point commun entre ces deux moments passés:
– animation d’une formation en anglais en Norvège, et
– présentation d’un dossier pour louer un appartement dans une agence immobilière en Espagne?
Dans les deux cas, j’avais un objectif personnel, concret et réel.
Dans les deux cas, je me suis préparée en cherchant les mots nouveaux, en organisant ma pensée et mes questions.

Vous voyez où je veux en venir?presentation-mindmap-english-bajares

Rien de tel pour atteindre son objectif dans une autre langue que de réaliser une carte mentale sur le sujet. On y gagne en assurance, en pertinence, en spontanéité, et on pourra toujours y ajouter les mots nouveaux appris sur le tas, histoire de les relier à ceux que nous connaissons déjà.

Le happy end d’une très bonne préparation

Voilà comment je me suis préparée avant de me rendre en Norvège.
J’ai d’abord écrit tout ce que je voulais dire, comme si j’étais devant les participants.
De cette manière, j’ai pu identifier les mots qui me manquaient, et simplifier les tournures trop complexes dans lesquelles je risquais de m’empêtrer.

workshopNorvege

Ensuite j’ai transformé tous ces textes en cartes mentales. La grande majorité était en noir et blanc, de manière à faire ressortir les mots nouveaux en rouge.

workshopNorvege2

Le meilleur pour la finwkmaps

La formation s’est très bien déroulée. Les professeurs, enthousiastes, ont tout de suite mis en oeuvre ce qu’ils venaient d’apprendre.
Depuis, les cartes fleurissent dans les couloirs et dans les salles de cours.

La formatrice apprenante quant à elle se rappelle des mots soulignés en rouge et s’autorise à parler anglais dans d’autres situations de la vie quotidienne. Un cercle vertueux est peut-être en marche.

Objectif précis et réel—> Préparation —> Mise en oeuvre en situation réelle—> Succès—>Progression—>Motivation—>Nouvel Objectif précis et réel—>…

———————

 Je tiens à remercier publiquement Elisabeth et Rosie pour leur initiative, leur dynamisme et leur accueil extraordinaire à Oslo.

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4 réflexions sur “Relever le défi de l’anglais…en Norvège

  1. Merci pour ce partage d’expérience. Ravie de « revoir » Rosie et Elisabeth. Je continue tout doucement à distiller ces CM…(et même avec des Alpha). Merci encore pour cette magnifique formation…

    1. Bonsoir Corinne,
      de rien…tu as fait preuve d’une grande patience. Je suis très contente de savoir que les cartes mentales te sont utiles.
      J’espère que tout se passe comme tu veux près de Paris.

  2. Salut Marion!
    Quel travail! Je suis contente que ça se soit bien passé. Mes félicitations! Je continue à faire mes cartes pour préparer mes cours et j’en montre et fais faire à mes étudiants de temps en temps. J’espère qu’on se reverra un jour.
    Marga Garcia, prof de français de Barcelona

    1. Hola Marga,
      lors de la prochaine Rencontre FLE de Barcelone peut-être (27-28 novembre)?
      Je vais animer un nouvel atelier sur les cartes et j’aurai un stand pour présenter mon livre: Le français vu du ciel, voyage illustré en langue française.
      A bientôt

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