« La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con » – Sarah Sauquet dépoussière les classiques

  • Le titre de ce livre vous est-il familier?
  • Vous lisiez des livres classiques quand vous étiez plus jeunes mais après le bac, vous avez arrêté?
  • Vous n’avez jamais vraiment pu rentrer dans les classiques mais vous auriez aimé?

Sarah Sauquet va peut-être vous réconcilier avec la littérature. Son livre La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con est le premier du genre.

Avec humour et brio, elle nous fait voyager dans les territoires de l’amour et nous dévoile ses mécanismes de façon pertinente et inattendue.

S’adressant avant tout aux adultes mais aussi aux étudiants et lycéens, son ouvrage tient à la fois de l’essai littéraire et du guide de développement personnel. Il constitue une véritable invitation à relire les classiques et à les considérer sous un angle décalé et très original.

Nous l’avons rencontrée:

D’où te vient ta passion pour la littérature classique? Pourquoi montrer la modernité de la littérature classique ?

Ma passion pour la littérature classique, et pour la littérature en général, remonte à l’enfance. Je suis une lectrice assidue depuis mon plus jeune âge et j’ai très vite lu des classiques. J’y suis entrée, je crois, à travers le cinéma : c’est en voyant La Gloire de mon père, Le Château de ma mère, Le Comte de Monte-Cristo ou Les Misérables que j’ai eu envie de me plonger dans les livres. J’ai très vite attrapé le virus des classiques et en ai gardé une vraie passion pour le cinéma.

L’envie de montrer la modernité la littérature est liée à mon métier de professeur. Je suis chaque jour confrontée à des lycéens qui ont du mal à rentrer dans les classiques, à en comprendre la pertinence ou l’utilité. J’ai donc réfléchi à d’autres présentations des classiques, sans les dénaturer ni les trahir, pour susciter l’envie de les découvrir.

Qu’est-ce que que la littérature classique t’a appris ?

Elle m’a appris énormément de choses ! Elle m’a initié à la beauté du langage, elle m’a donné le goût du mot juste, de la précision et m’a inculqué une rigueur certaine. Elle a constitué une incroyable fenêtre sur le monde : j’ai appris l’humour avec Voltaire, les ravages de la passion avec Racine, la bêtise bourgeoise avec Flaubert,  j’ai redécouvert Paris avec Hugo, ou les affres de la vengeance avec Dumas. Je dois beaucoup à la littérature tout en sachant très bien la mettre à bonne distance.

A qui s’adresse ton livre “La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con”?

Il s’adresse à beaucoup de monde et peut être lu de différentes façons ! C’est un livre qui revisite les classiques de la littérature sous l’angle de la séduction. Il montre que Victor Hugo, Flaubert ou Racine savaient donner, dans leurs oeuvres, de véritables conseils en matière de vie amoureuse, de séduction ou de vie de couple ! L’ouvrage s’adresse de ce fait à la fois à des célibataires qui chercheraient à alimenter leur réflexion sur la vie amoureuse, mais aussi à des personnes cultivées qui souhaiteraient aborder les classiques d’une autre façon, ou à des néophytes, qui voudraient découvrir les classiques d’une façon légère et décalée.

Quelle est l’histoire du titre de ton livre?

Le titre de mon livre est un hommage à l’incipit du roman Aurélien, d’Aragon. Aurélien est le récit d’un amour contrarié entre deux personnages, Aurélien et Bérénice, qui se rencontrent au sortir de la première guerre mondiale, à Paris, et que tout oppose. Le roman commence par la phrase « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide ». J’ai souhaité montrer, à travers mon titre, qu’on pouvait traiter la littérature par l’humour, mais aussi d’une façon décalée, en adoptant un autre point de vue.

Si l’amour était un territoire, comment serait-il? Pourrais-tu nous le décrire?

Ce qui est intéressant avec l’amour, c’est qu’il peut prendre mille et une formes. On a tous des attentes singulières par rapport à l’amour, et ce qui conviendra très bien à une personne ne conviendra pas à une autre ! De ce fait, l’amour peut être représenté par différents territoires. Un territoire plat et uniforme pour les personnes en recherche de stabilité, un territoire escarpé, montagneux et vallonné pour les accros à la passion amoureuse…On peut même changer de territoires et de représentations au cours de sa vie. La carte que je dessinerais aujourd’hui n’aurait sûrement rien à voir avec celle de mes quinze ans !

Qu’est-ce que la Carte de Tendre?

La Carte de Tendre a été inventée au XVIIème siècle, par Madeleine de Scudéry, une femme de lettres française qui appartenait au mouvement de la Préciosité. La Carte de Tendre se trouve au sein du roman Clélie et l’on retrouve une reproduction de cette carte dans les éditions actuelles de Clélie. Tendre est un pays que doivent traverser les personnages avant d’atteindre la félicité amoureuse. La carte schématise plusieurs étapes (comme le lac de l’Indifférence) par lesquelles ou non passer. Cette Carte est devenue au XVIIème siècle un véritable phénomène de mode, et tous les hommes qui souhaitaient séduire les Précieuses devaient maîtriser cette carte et en respecter les étapes !
La Carte de Tendre a même donné lieu à une chanson de Georges Moustaki.

Quelles activités pédagogiques un professeur de français langue étrangère pourrait développer à partir de ton livre?

Je pense qu’on peut développer plusieurs activités de différents niveaux. Le livre peut tout d’abord susciter de nombreuses discussions autour de la séduction et des relations amoureuses à la française. Il permet d’échanger facilement autour de ses propres expériences.
Pour des étudiants d’un niveau plus avancé, il constitue une réelle initiation à la littérature française puisqu’on peut y lire des extraits de différentes œuvres, et ensuite les commenter.

Sarah Sauquet, La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con, Editions Eyrolles, 224 pages, 14,90 euros

Découvrez le site de Sarah Sauquet: Un Texte un Jour

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